Jazz et Littérature

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J.P. Manchette

Message  sisyphe le Sam 25 Avr - 10:09

A propos de "Le petit bleu de la côte Ouest"
Au cinéma Alain Delon interpéta le rôle de Gerfaut dans un film de Jacques Deray, de 1980, au titre plus série noire "Trois hommes à abattre"
Avec ce "Petit bleu"Jacques Tardi sortit une superbe BD en noir et blanc.

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Re - Manchette

Message  Pascalou le Dim 26 Avr - 6:04

En vrac, une petite compil en provenance de l'autoradio de Gerfaut :


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Le petit Bleu de la Cote Ouest-Tardi

Message  Pascalou le Dim 26 Avr - 8:59


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Jacques Sternberg

Message  sisyphe le Mer 29 Avr - 8:35

Jacques Sternberg auteur de romans, de nombreuses, très nombreuses nouvelles toujours au bord de l'absurde, du fantastique était un hénaurme amoureux du jazz, en plus d'être un passsionné de "dériveur", du côté de la côte normande, je crois, et de Vélosolex. ( Y-at-il une relation entre les déplacements en Solex et l'amour du Jazz?, voir Jacques Réda).

Dans son "Dictionnaire des idées revues", illustré par Roland Topor on peut lire:
"Jazz: Il y a des points d'affinités comme cela, de temps en temps, qui ont souterrainement plus d'importance que les autres. Je ne crois pas avoir eu une véritable entente d'esprit avec un être qui n'entend rien au jazz."

et à propos d'Armstrong : " j'ai longtemps rêvé d'écrire comme Armstrong jouait de la trompette. C'est en effet l'un des créateurs qui m'a le plus impressionné. Je n'ai jamais compris comment un homme aussi fruste, à peu près inculte, ignorant des subtilités du solfège, a pu s'arracher du fond des tripes de tels cris, des inventions aussi fulgurantes, des trouvailles aussi révolutionnaires qui ont remis tout le jazz - encore primitif - en question, dans les années 20.
Armstrong ne s'envolait pas seulement à cent coudées au-dessus des jazzmen de ses propres orchestres, il a jeté au vent des solos que personne n'égalera jamais, de ces solos dont chaque note est déchirante, dont la construction à la fois algébrique et débridée coupait le souffle. Un disque commme le Tight like this demeure pour moi le plus beau disque de jazz qui est jamais été enregistré. Je dois à Armstrong d'étonnants moments d'exaltation, entre 24 et 30 ans, quand j'écrivais comme un fou perdu et que je me voyais refusé partout. Peut-être a-t-il été durant ces années un de mes plus sûres consolations."

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Un soir au club.

Message  sisyphe le Sam 2 Mai - 7:39

« Le piano n’était pas le violon d’Ingres de Simon Nardis ».
Un ancien pianiste, Simon Nardis, est le personnage central du roman de Christian Gailly paru aux « Editions de Minuit » au début 2002 : 170 pages d’élégance discrète et de plaisir de lecture avec la musique de Bill Evans ponctuant, « swinguant » l’écriture.

« Nardis » ( anagramme du nom du pianiste Ben Sidran ) est d’ailleurs un thème composé par Bill Evans, joué par Miles Davis.

Le nom du club en question ? « Le Dauphin Vert ». « On Green Dolphin Street » servait d’indicatif de début et fin de set aux trois musiciens. « Ils étaient trois, donc. Un piano trio . La plus belle formation selon Simon » .
Et comme par hasard
Bill est le pianiste
Scott le bassiste
Et Paul le batteur
Comme le trio formé par Bill Evans, Scott LaFaro et Paul Motian au début des années 60.

Qui rencontre-t-il, Simon, au club ? Debbie une ancienne chanteuse, évoquant ainsi un autre thème de Bill Evans « Waltz for Debbie ».

Un vrai roman, un vrai récital.

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Re: Jazz et Littérature

Message  Pascalou le Sam 2 Mai - 23:59


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Un soir au club fin de set

Message  sisyphe le Dim 3 Mai - 6:17

Un vrai roman, un vrai récital.
Page à page :

Après « On Green Dolphin Street » à la p 34
P 47 « Letter to Evans »
P 52 “You have changed
P 65 “Sur un tempo assez rapide ils étaient en train de carburer sur « Milestrone ». Simon pensa sur ce thème-là, on ne peut pas s’en empêcher. Il se rappelait comment lui-même carburait sur ce thème . »
P71 et 72 « Les Feuilles mortes », « Autumn leaves » Chanté par Debbie accompagnée au piano par Simon; ils poursuivent avec « Moonlight in Vermont », « What are you doing the rest of your life ? », « Lover man », « The man I love », « My Funny Valentine ».
Puis p 78 « Bill s’est mis à jouer une petite ritournelle agréable, « That’s all »
P 149 « S’accompagnant elle-Debbie- chantait des choses comme « Love for sale » ou « Never let me go » ».
A la page suivante « Simon improvisa sur « Never let me go » ».

A la p 42 allusion à Johnny Griffin et à Monk et à la p 72 de Gerry Mulligan. A la p 149 il est question de Coltrane jouant « Naima », Ornette Coleman jouant « Lonely Woman » Et à la P 56 “ Quand Simon déboucha dans la bibliothèque c’était Sonny Rollins qui jouait, en trio au Village Vanguard, la pochette du disque l’attestait”, à la p 67 Sonny Rollins en est à “ Sofly as a morning sunrise

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Jacques Steinberg à propos de Django.

Message  sisyphe le Sam 16 Mai - 9:29

"Sans vouloir se montrer raciste, il faut bien reconnaître que Reinhardt est le seul musicien blanc de jazz qui ait eu du génie. Amputé de plusieurs doigts après un incendie, Django a toujours joué à la guitare comme s'il avait vingt doigts: sa virtuosité laisse en effet pantelant, surtout qu'elle n'est jamais gratuite. Elle coule de source avec une prodigieuse désinvolture, jaillissant scintillante du plus profond d'une constante inspiration. Le génie à l'état pur vraiment, comme chez Armstrong puisqu'il serait difficile de dire lequel des deux musiciens était le moins cultivé. Le fameux Quintette du Hot Club animé par Stéphane Grapelli, souvent pleurnichard-tziganeur, aurait-il eu le charme qu'il posséda sans Django Rheinhardt? Certainement pas. Mais aurait-il été, lui Django, aussi inspiré sans Grapelli? Ce n'est pas prouvé. Leurs échanges avaient la grâce, la magie, le charme et le rythme miraculeux." "Dictionnaire des idées revues".

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Jacques Steinberg à propos de Django.

Message  sisyphe le Sam 16 Mai - 9:44

..."j'entends la lune entre les peupliers de France et de Belgique
Glisser de corde en corde ainsi qu'un fin médiator..."
Jacques Réda dans "L'improviste. Une lecture du jazz".

et aussi toujours dans le même texte
"Comment imaginer ton rire et ta guitare sous séquestre,
Paris vide comme l'aurore aux canaux d'Amsterdam?

Pardonne-moi, je n'ai jamais été si pareil au nuage
Qui procède assuré dans son voluptueux contour..."

C'est Coleman Hawkins qui est sensé s'adresser à Django le 10 octobre 1939.


Dernière édition par sisyphe le Dim 17 Mai - 7:00, édité 1 fois

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Quand Django rencontre Coleman

Message  Pascalou le Dim 17 Mai - 4:38

Session du 28 Avril 1937, avec Alix Combelle , André Ekyan , Benny Carter et Stephane Grappelli au piano



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Be-bop

Message  sisyphe le Mar 19 Mai - 10:19

« Be-bop ». C’est un roman de Christian Gailly de 150 et quelques pages que l’on trouve aux Editions de Minuit depuis 1995 date de sa parution.

Lorettu, prénom Basile. " On dirait un nom né d'une interrogation conditionnelle". L'aurais-tu? Ressemble à Gerry Mulligan « du temps où Mulligan était tout jeune, imberbe en tee-shirt et en jean », il se demande même, Lorettu, s’il n’aurait pas dû jouer du baryton. Aime la musique de jazz, admire Charlie Parker. « Il aime aussi énormément Coltrane ».

Dés la première page il improvise avec son saxophone alto, dans sa chambre en plaçant « le pavillon tout contre le rideau » (vécu) pour ne pas géner le voisin sur « Lover man, une rengaine propre ou de nature à émouvoir les plus durs oreilles ». Avant de se rendre sur « ses baskets à coussin d’air, version rap des semelles de vent » chez Fernand qui tient « le bar, là-bas, sur la place, un bar effrontément baptisé Bird où « Coltrane tourne sur un vieux disque noir à étiquette rouge orangé… un swing comme çà, çà ne s’imite pas ». Dans les dernières il s’envole en prenant le premier solo dans « So what ». Le livre se terminant avec « Now’s the time » où un certain Paul, coltranien plutôt… reprend goût à la vie. Notre Basile se demande s’il n’aurait pas dû jouer du ténor.

Mais la musique ne nourrissant pas son homme il trouve une place c’est-à-dire qu’il est embauché à la Société générale d’assainissement…il pompe la merde des autres.
A suivre...

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Gailly Cannes

Message  Margotonne le Mer 20 Mai - 8:56

Le scénario du film d'Alain Resnais dont on parle à Cannes ces-jours-ci, "Les herbes folles" est inspiré d'un roman de Christian Gailly " L'incident", Sisyphe étais-tu au courant?

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Be-bop

Message  sisyphe le Ven 22 Mai - 16:46

suite 1« Be-bop » de C. Gailly.

L’action se passe début août, pour l’assainissement des fosses septiques ce n’est pas le mois idéal, sur les bords du lac Léman, côté Suisse, Lausanne, Yvoires…Deux couples :

Cécile et Basile ( plus la fille de Cécile qui roule avec une vieille T.R.3 Bleue). Ils se sont rencontrés chez Fernand alors que Basile s’éclate sur un thème de Parker. « Improviser à la suite d’un thème de Parker, c’est risqué, faut pas avoir peur, Parker lui-même n’est pas toujours à la hauteur de ce qu’il a composé, enfin il ose, Lorettu se lance, sur la pointe des pieds, avec des blancs, des notes, des blancs, des notes, un peu comme ce livre a commencé, puis il resserre tout ça, attaque, doublant le tempo, ça swingue, c’est bien, ça déménage, il le sent, le sait, construit son solo admirablement, on pourrait l’inscrire dans l’espace, il voit déjà la suite….Le pianiste a du mal à suivre, un peu comme Tommy Flanagan courant derrière Coltrane dans Giants Steps… »

Jeanne et Paul Saint-Sabin, la petite cinquantaine, ont loué un chalet pour les vacances. « Ils se sont connus dans une cave. Paul jouait du ténor en quartette, admirablement bien. Jeanne était là avec sa sœur. Elles étaient folles de jazz. Sa sœur a épousé le batteur. » Ils roulent en Peugeot.

Questions :
1 - Sachant que l’un travaille dans l’assainissement et que l’autre vient de louer un chalet, comment vont-ils se rencontrer ?

2 - Sachant que tout ce petit monde aime le jazz ( enfin Cécile malgré son prénom de patronne, c’est à voir… c’est même tout vue à la page 142 « Cécile n’aime pas le Jazz. Elle aime bien Lorettu, c’est tout ») et que Basile et Paul jouent du sax, alto pour l’un, ténor pour l’autre, comment tout ça va-t-il se terminer ?

à suivre…

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Be-bop

Message  sisyphe le Sam 23 Mai - 9:55

suite 2 « Be-bop » de C. Gailly

Dans la voiture de la fille de Cécile, Lorettu écoute la radio « Ah merde c’est Monk, dit Lorettu, Vous entendez ? c’est Monk. Silence, il écoute. Je l’aimais pas au début, dit-il. Silence, il écoute, puis. Je l’ai vu un jour à Paris. Il se tait, il écoute en regardant défiler la rue la nuit, en revoyant Paris la nuit, autour de minuit, il revoit Monk, puis. Il monte le son, vous permettez ?, puis se tait, puis. On a poireauté une heure dans la salle. Il est arrivé ivre mort. Il avait une casquette à carreaux, des Rayban. Il tenait pas sur son tabouret. Il lâchait le clavier pour se tenir au piano. Incapable de jouer. Vu de dos, le piano tanguait. Je fixais son dos, je voulais le fixer, l’empêcher de tomber, et, à force de fixer son dos, je voyais le piano tanguer. Pour en arriver là, pour en arriver dans cet état là, il fallait quand même qu’il en ait bavé. Je disais incapable de jouer, il jouait quand même les thèmes, mais parce que c’était les siens, il n’avait pas besoin de se les rappeler, ça sortait tout seul, malgré lui, hors de lui, des versions inouïes, des versions ivres. Charlie Rouse a fait tout le boulot. Un bon ténor, Charlie Rouse… »

Questions : Ce concert a-t-il vraiment eu lieu ? Si oui, où à Paris ? Quand ?

Si Lorettu , (qui ressemble « Au Mulligan de la grande époque, dit Paul, l’époque de Walkin’ shoes, de Bernie’s tune, du fameux quartette avec Broomeyer. Chet Baker, dit Lorette. C’est juste dit Paul. Non, c’était Brookmeyer maintenant les cheveux longs et la barbe. Je sais dit Lorettu.. Peu importe, dit Lorettu. Il beaucoup changé, dit-Paul ») a écouté Monk à Paris, Paul, lui, a écouté Gerry Mulligan à New-York.
A suivre...

*

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Be-bop

Message  sisyphe le Dim 24 Mai - 9:03

Suite “Be-bop “ 3.

Il est question aussi de Johnny Griffin…” parce que Griffin, question invention, dans le genre improvisateur sans limites, on n’a jamais fait mieux, et on ne fera jamais mieux, on retrouve d’ailleurs dans la sonorité de Griffin le même moelleux, le même tremblé plaintif que chez Parker, se dit Paul… », de « Erroll Garner c’est bien mais bon roulons ».

Et aussi de Beethoven d’abord chez Fernand, « Il le dit deux fois, pas deux fois voilà, deux fois voilà voilà. Voilà-voilà, voilà-voilà. Cà forme un rythme rappelant à Lorettu le début d’un mouvement d’un des quatuors médians de Beethoven, mais lequel ? Puis il offre un coffret Beethoven… des quatuors à Cécile… « … vous savez que j’ai failli abandonner le jazz à force d’écouter cette musique ? dit-il ».

La musique classique tient grande place dans l’œuvre de Christian Gailly :
« Dernier amour » avec Haydn… , les variations Goldberg dans « Dring », le clavecin bien tempéré dans « L’air » et bien sûr dans son second roman « K.622 », Mozart et son concerto pour clarinette en la majeur. Comment ne pas penser au film de Sydney Pollack « Out of Africa ». L’Afrique, continent des origines
Sur ce concert se rendre, aussi, dans la rubrique "Benny Goodman" de ce forum.

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