Jazz et Littérature
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Re: Jazz et Littérature
"A quoi bon fréquenter Platon, quand un saxophone peut aussi bien nous faire entrevoir un autre monde". Cioran dans "Syllogismes de l'amertume".
Cioran dont les ouvrages rédigés et publiés en langue française viennent de paraître chez Gallimard dans la collection de la Pléiade.
"...Est perdu celui qui n'a plus de larmes pour la musique, qui ne vit encore que du souvenir de celles qu'il a versées..."
Cioran dont les ouvrages rédigés et publiés en langue française viennent de paraître chez Gallimard dans la collection de la Pléiade.
"...Est perdu celui qui n'a plus de larmes pour la musique, qui ne vit encore que du souvenir de celles qu'il a versées..."
sisyphe- Messages: 166
Date d'inscription: 31/12/2008
Re: Jazz et Littérature
"Un jour que j'assistais à un colloque à San Francisco à la fin des années soixante, je suis allé à un concert de rock à Fillmore West, juste par curiosité ( le jazz moderne était mon genre de musique syncopée favori, Brubeck, les MJQ, Chico Hamilton, Miles Davis) et parce qu'un autre type m'a dit que c'était un endroit célèbre et qu'il y allait, je suis allé avec lu. Je ne me souviens pas du nom du groupe, mais la sono était si forte que c'était dur à supporter..." p.32 Voilà comment on est amené chez l'ORL pour un audiogramme.... comme le héros, un professeur de linguistique nommé Desmond, du livre de David Lodge, "La vie en sourdine".
sisyphe- Messages: 166
Date d'inscription: 31/12/2008
Re: Jazz et Littérature
" A Venise, pendant le carnaval, un Mexicain déguisé en Moctezuma rencontre Vivaldi. Puis Scarlatti et Häendel se jougnent à eux pour visiter un couvent de nonnes musiciennes et pour aller prendre un petit déjeuner sur la tombe d'Igor Stravinsky. Car les chronologies s'enchevêtrent dans ce merveilleux concert baroque où la musique, forme sublimée du temps ,mène récit.
Si Vivaldi avait pris la plume, il n'aurait pas écrit autrement ce Concert baroque."
Voilà comment présente la quatrième de couverture le n° 1020 de la collection "Folio" le livre d'Alejo Carpentier "Concert baroque"
"Mais à présent tous les instruments éclataient à la fois, derrière la trompette de Louis Armstrong, en un énergisue strike up aux éblouissantes variations sur le thème de I Can't Give You Anything But Love, Baby- nouveau concert baroque auquel un prodige inattendu vinrent se mêler, tombant d'une lucarne, les heures que sonnaient les Maures de la Tour de L'Horloge."
Si Vivaldi avait pris la plume, il n'aurait pas écrit autrement ce Concert baroque."
Voilà comment présente la quatrième de couverture le n° 1020 de la collection "Folio" le livre d'Alejo Carpentier "Concert baroque"
"Mais à présent tous les instruments éclataient à la fois, derrière la trompette de Louis Armstrong, en un énergisue strike up aux éblouissantes variations sur le thème de I Can't Give You Anything But Love, Baby- nouveau concert baroque auquel un prodige inattendu vinrent se mêler, tombant d'une lucarne, les heures que sonnaient les Maures de la Tour de L'Horloge."
sisyphe- Messages: 166
Date d'inscription: 31/12/2008
Re: Jazz et Littérature
Un peu de littérature... dite de jeunesse:
www.ricochet-jeunes.org/themes/theme/553-jazz
On peut ajouter à cette petite liste:
"Bama et le blues" écrit par Leigh Sauerwein et illustré par Emily Walcker chez Gallimard jeunesse ( le livre est accompagné d'un CD..
Toujours chez Gallimard "Little Lou" de jean claverie.
www.ricochet-jeunes.org/themes/theme/553-jazz
On peut ajouter à cette petite liste:
"Bama et le blues" écrit par Leigh Sauerwein et illustré par Emily Walcker chez Gallimard jeunesse ( le livre est accompagné d'un CD..
Toujours chez Gallimard "Little Lou" de jean claverie.
sisyphe- Messages: 166
Date d'inscription: 31/12/2008
Re: Jazz et Littérature
Le dernier livre de Jean Rouaud
"Une façon de chanter"
On les attend toujours avec impatience inquiète, les derniers ouvrages des auteurs aimés. Moment impudique et charnel de retrouvailles et peur que la magie n'opère plus. Elle est intacte, cher lecteur fidèle, sois-en rassuré, dans le dernier livre de Jean Rouaud qui sort jeudi chez Gallimard.Une façon de chanter est la suite de Comment gagner sa vie honnêtement, deuxième volet d'une Vie poétique qui en comptera trois. Livre pudique et tendre où le narrateur remonte à nouveau la Loire inférieure, aux sources de son adolescence cette fois. Compagnon et dépositaire de ces jeunes années, Joseph, le cousin, dont l'enterrement ouvre le livre. On y croise à nouveau son bourg de l'Ouest, avec son imposante (dans le paysage et dans les vies) église, la mère et le père, le kiosque de la rue des Flandres, mais aussi, beaucoup, la musique, depuis cette première guitare offerte par Joseph "Un présent inestimable pour affronter la modernité quand déferlait sur nos têtes rurales la folle exubérance des groupes anglais qui nous forçaient à bouger nos corps empruntés". Mozart, The Byrds, les cheveux longs défilent sous nos yeux émus. On y retrouve la poésie Rouaud, son humour fin qui chasse des pages toute mélancolie, son ton si calme qu'il en est apaisant, et tous ces adjectifs soyeux qu'on a presque oublié de lire aujourd'hui.
Ah, oui, le livre commence par "sans", comme cette perte omniprésente dans ses livres depuis le début. Cela ne vous étonnera pas, c'est ce jeune homme fou de guitare, assis pétrifié entre deux blondes ou marchant d'un pas décidé tout en gardant la mer sur le côté droit comme on le lui avait conseillé, qu'on a perdu cette fois. Magnifique livre.
Et puisque les progrès informatiques nous le permettent, trois questions à Jean Rouaud le jour de la publication :
Quels sentiments accompagnent la sortie d'un livre lorsqu'on est déjà un habitué de la Blanche et prix Goncourt dès le premier roman? "Il n'y a plus l'excitation de la parution, on connaît toutes les étapes, de la correction des épreuves au service de presse, en revanche il y a toujours cette question de l'accueil fait au livre, d'où cette volonté de lui donner les meilleures chances d'être lu, ce qui passe par le filtre des média, et quand ils font défaut, ça devient beaucoup plus difficile. Ca peut même être carrément déprimant."
"Si je me plains c'est une espèce de façon de chanter" écrit Rimbaud à sa mère. Vous nous expliquez le choix du titre?
"La phrase de Rimbaud n'est pas tirée de son oeuvre mais d'une lettre écrite à sa mère alors qu'il se trouve à Aden, sur un rocher brûlant, ayant pratiquement coupé les ponts avec la société de son temps. Cette intuition qui lie le chant au chagrin - et à la solitude - c'est depuis longtemps une des clés de la poésie. Ce pourrait être la définition du blues. Et pour le chagrin, on mourait beaucoup dans mes premiers livres."
On meurt aussi dans celui -ci et il commence par sans... Mais passons. Musique ! C'est elle qui accrocha , dites-vous, votre "morne adolescence au train flamboyant de la jeunesse". Vous nous rappelez la bande son de vos vingt ans et du livre?
"Les années d'après soixante-huit on été portées par l'écoute et la pratique de la musique qui étaient indissociables de ce désir d'émancipation. Le monde ancien et ses valeurs surannées étaient invivables, inadapté, et la guitare a été véritablement l'instrument de cette libération. Elle était le meilleur des laissez-passer et il n'était pas besoin de savoir lire une partition, ce qui relevait d'une pratique bourgeoise et donc hautement condamnable. Sans elle, j'aurais été bien incapable d'accompagner le mouvement. Trop timide."
Une façon de chanter, Jean Rouaud, 211 pages, Gallimard.
Merci à Jean Rouaud et aux éditions Gallimard pour leur disponibilité cet après-midi.
Aïda Valceanu
Dans le Huffington Post d'aujourd'ui 5 mars 2012.
épigraphe http://www.youtube.com/watch?v=5LSTc-5Fn_Y
"Une façon de chanter"
On les attend toujours avec impatience inquiète, les derniers ouvrages des auteurs aimés. Moment impudique et charnel de retrouvailles et peur que la magie n'opère plus. Elle est intacte, cher lecteur fidèle, sois-en rassuré, dans le dernier livre de Jean Rouaud qui sort jeudi chez Gallimard.Une façon de chanter est la suite de Comment gagner sa vie honnêtement, deuxième volet d'une Vie poétique qui en comptera trois. Livre pudique et tendre où le narrateur remonte à nouveau la Loire inférieure, aux sources de son adolescence cette fois. Compagnon et dépositaire de ces jeunes années, Joseph, le cousin, dont l'enterrement ouvre le livre. On y croise à nouveau son bourg de l'Ouest, avec son imposante (dans le paysage et dans les vies) église, la mère et le père, le kiosque de la rue des Flandres, mais aussi, beaucoup, la musique, depuis cette première guitare offerte par Joseph "Un présent inestimable pour affronter la modernité quand déferlait sur nos têtes rurales la folle exubérance des groupes anglais qui nous forçaient à bouger nos corps empruntés". Mozart, The Byrds, les cheveux longs défilent sous nos yeux émus. On y retrouve la poésie Rouaud, son humour fin qui chasse des pages toute mélancolie, son ton si calme qu'il en est apaisant, et tous ces adjectifs soyeux qu'on a presque oublié de lire aujourd'hui.
Ah, oui, le livre commence par "sans", comme cette perte omniprésente dans ses livres depuis le début. Cela ne vous étonnera pas, c'est ce jeune homme fou de guitare, assis pétrifié entre deux blondes ou marchant d'un pas décidé tout en gardant la mer sur le côté droit comme on le lui avait conseillé, qu'on a perdu cette fois. Magnifique livre.
Et puisque les progrès informatiques nous le permettent, trois questions à Jean Rouaud le jour de la publication :
Quels sentiments accompagnent la sortie d'un livre lorsqu'on est déjà un habitué de la Blanche et prix Goncourt dès le premier roman? "Il n'y a plus l'excitation de la parution, on connaît toutes les étapes, de la correction des épreuves au service de presse, en revanche il y a toujours cette question de l'accueil fait au livre, d'où cette volonté de lui donner les meilleures chances d'être lu, ce qui passe par le filtre des média, et quand ils font défaut, ça devient beaucoup plus difficile. Ca peut même être carrément déprimant."
"Si je me plains c'est une espèce de façon de chanter" écrit Rimbaud à sa mère. Vous nous expliquez le choix du titre?
"La phrase de Rimbaud n'est pas tirée de son oeuvre mais d'une lettre écrite à sa mère alors qu'il se trouve à Aden, sur un rocher brûlant, ayant pratiquement coupé les ponts avec la société de son temps. Cette intuition qui lie le chant au chagrin - et à la solitude - c'est depuis longtemps une des clés de la poésie. Ce pourrait être la définition du blues. Et pour le chagrin, on mourait beaucoup dans mes premiers livres."
On meurt aussi dans celui -ci et il commence par sans... Mais passons. Musique ! C'est elle qui accrocha , dites-vous, votre "morne adolescence au train flamboyant de la jeunesse". Vous nous rappelez la bande son de vos vingt ans et du livre?
"Les années d'après soixante-huit on été portées par l'écoute et la pratique de la musique qui étaient indissociables de ce désir d'émancipation. Le monde ancien et ses valeurs surannées étaient invivables, inadapté, et la guitare a été véritablement l'instrument de cette libération. Elle était le meilleur des laissez-passer et il n'était pas besoin de savoir lire une partition, ce qui relevait d'une pratique bourgeoise et donc hautement condamnable. Sans elle, j'aurais été bien incapable d'accompagner le mouvement. Trop timide."
Une façon de chanter, Jean Rouaud, 211 pages, Gallimard.
Merci à Jean Rouaud et aux éditions Gallimard pour leur disponibilité cet après-midi.
Aïda Valceanu
Dans le Huffington Post d'aujourd'ui 5 mars 2012.
épigraphe http://www.youtube.com/watch?v=5LSTc-5Fn_Y
sisyphe- Messages: 166
Date d'inscription: 31/12/2008
Re: Jazz et Littérature
Le nid d'amour
http://www.youtube.com/watch?v=1OlRkijZ4bI&feature=player_detailpage#t=3s
Gatsby fait visiter sa maison à Daisy. Voir p 109 de la nouvelle traduction de "Gatsby le magnifique" par Philippe Jaworski.
Gatsby prétrit de bonnes intentions..
sisyphe- Messages: 166
Date d'inscription: 31/12/2008
Re: Jazz et Littérature
Haruki Murakami et références au jazz.
http://lettres.collegemv.qc.ca/?p=1066
http://lettres.collegemv.qc.ca/?p=1066
sisyphe- Messages: 166
Date d'inscription: 31/12/2008
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